Le Diable : L'Exploration des Profondeurs de l'Inconscient

Carte du Tarot de Marseille : Le diable

Le Diable : L'Exploration des Profondeurs de l'Inconscient

Quinzième des arcanes majeures, le Diable occupe la place qu’occupait le Pape (5e position) mais dans la seconde série de 10. Alors que le Pape nous montre le ciel et nous parle de s’élever, le Diable nous parle des profondeurs. Sur beaucoup de représentations, ce n’est pas une épée qu’il tient, mais une torche : il éclaire ce qui était enfoui dans l’inconscient, ce que l’on a refoulé, ce qui fait peur : nos instincts, nos désirs… Ici gît une grande force enfouie et si nous souhaitons être entier, nous devons accepter cette part de nous-mêmes, la transmuter, sans la juger.

Le Diable nous parle donc de désir, de tentation, d’addiction, de choses que l’on aimerait contrôler mais qui nous contrôlent. Plus nous luttons, plus nous sentons la corde nous serrer le cou. Où est la solution ? Dans le lâcher-prise et le non-jugement : ne nous jugeons pas mauvais parce que nous avons ces désirs, ces peurs, ces faiblesses ; la culpabilité nous maintient dans nos comportements réactifs. On peut penser par exemple au cercle vicieux des régimes : j’échoue, je m’en veux, je mange. La solution est dans l’acceptation totale de qui nous sommes, dans l’amour même de nos parts d’ombre. Le Diable rit.

Alexandro Jodorowsky lui fait dire, dans La Voie du Tarot : “Je suis Lucifer, porteur de la Lumière. Mon don magnifique à l’humanité est l’absence absolue de morale : nul ne me limite. (…) Dans le fond du fond du fond, personne n’habite plus profond que moi. (…) Pas de paix avec moi, pas de petit foyer établi. Pas d’Evangiles pralinés. Je défèque royalement sur les oiseaux lépreux de la morale.”